Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Réseau De Scène En Scène

  • : Réseau de scène en scène
  • Réseau de scène en scène
  • : Un réseau dédié aux arts vivants dans les Hautes Pyrénées, pour tous : artistes, public avisé, tout public... Nos partenaires : Mairie de tarbes, Conseil Général des Hautes Pyrénées et Conseil Régional Midi Pyrénées
  • Contact

Le réseau De scène en scène

      Le réseau De scène en scène

      Un bouillon de culture !

« Nous devons préserver les lieux de la création, les lieux du luxe de la pensée, les lieux du superficiel, les lieux de l’invention de ce qui n’existe pas encore, les lieux de l’interrogation d’hier, les lieux du questionnement. Ils sont notre belle propriété, nos maisons à tous et à chacun. »

 

Jean-Luc Lagarce, Du luxe et de l’impuissance, Les Solitaires Intempestifs, 1997

 

Liens

18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 12:38

Message à tous les Amis du « Café du Village »,

aux Adeptes du « Remue Méninges »,

aux Aficionados du « 22 à Anères »,

aux Addicts au « Cinéma Muet & Piano Parlant »

et à tous les autres !

Depuis maintenant bientôt 20 ans l’association Remue-Méninges fait vivre à Anères un espace de rencontres et d’échanges dans un lieu culturel, convivial et ouvert à tous : Le Café du Village.

 

Au fil des années les activités de l’association se sont organisées et structurées pour donner aujourd’hui un lieu singulier, surprenant, et agréable qui s’inscrit entièrement dans le paysage local. Des manifestations traditionnelles, aux projections de films indépendants et en passant par une programmation artistique de qualité, Remue-Méninges à toujours su garder une position autonome lui assurant une liberté totale dans ses choix. Des bénévoles dont l’énergie n’est plus à démontrer assurent l’organisation de tous les événements.

 

Le fonctionnement de l’association est collégial, c’est à dire que les statuts ne définissent ni président, ni trésorier ni secrétaire comme le permet largement la loi 1901. Cette organisation induit une égalité entre tous les membres du conseil d’administration et un mode de prise de décision horizontal. La démarche se veut avant tout engagée au niveau de la préservation de l’environnement (tri systématique des déchets, récupération, toilettes sèches), du développement local (consommation de produits locaux, travail avec des artisans locaux, partenariat avec des structures locales …), et d’une ouverture à tous assurant une réelle mixité sociale, par le biais de la libre participation pour l’ensemble des activités .

 

Qu’est-ce que la participation libre ? Nous entendons l’action à participer au financement de l’association de manière libre et responsable en fonction du plaisir et des moyens de chacun. Concrètement nous n’avons aucun prix fixe pour les boissons, pour les repas (hormis le Festival du film muet) et pour les entrées aux spectacles. Nous mettons tout simplement à chaque événement un gros cochon rose à l’entrée du café et des tirelires sur le bar qui permettent à chacun de mettre la somme désirée. Nous faisons aussi tourner un chapeau pour les artistes qui viennent jouer pendant les soirées de l’été.

 

La SCI « Pour le Bonheur », propriétaire des locaux qui abritent, gracieusement, les activités de l'association depuis bientôt presque 20 années, réfléchit à ouvrir ses portes à la propriété collective du lieu.

Il est sérieusement envisagé de se partager entre 4000 et 5000 parts sociales d'une valeur de 22€ chacune, avec, par exemple, un maximum de 40 à 50 parts par personne…

 

La formule définitive n'est pas encore arrêtée, si vous souhaitez être tenu informés de l'avancée de ce projet, et ou, y prendre part, inscrivez vous à la liste de discussion* "Propriété Collective « Pour le Bonheur »" en envoyant un message au robot qui gère cette liste :

<prop.coll.plb-request@ml.free.fr?subject=subscribe>

*Une liste de discussion est constituée d'un ensemble de personnes ayant une passion ou un intérêt commun. Les personnes communiquent simplement en envoyant un message à l'adresse de la liste. Le message sera alors retransmis à l'ensemble des membres. Pour s'inscrire (ou se désinscrire) à la liste de diffusion, il suffit d'envoyer un message au robot qui gère la liste.
 

http://remuemeningesaneres.org
facebook.com/lecafeduvillageaneres

 

Repost 0
8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 15:56

L’affaire Sacha Hatala à Beaune le mois dernier a relancé la discussion sur le cachet et au-delà sur le statut des chanteurs lyriques en France. L’affaire ne date pas d’hier : 5 juillet 2012, une soixantaine d'artistes lyriques français échangent sur leur métier et décident de chercher des solutions aux problèmes qui se posent dans le domaine lyrique. Le « collectif du 5 juillet » est né.

Cinq années et une analyse statistique plus tard, la situation n’a guère évolué : baisse de 28% des offres de rôle proposés par les opéras de France entre 2009 et 2013 ; moins d’un tiers des artistes lyriques résidant fiscalement en France engagés au moins une fois au cours de ces quatre mêmes saisons ; problème de la réciprocité (il existerait chez nos partenaires européens des pratiques d’embauche tacites qui réduiraient les possibilités de travail à l’étranger pour les artistes résidant fiscalement en France) ; « dumping social » (le recours à des artistes lyriques résidant fiscalement hors de France est meilleur marché) ; soupçons de clientélisme entre certaines agences internationales et certaines maisons d’opéra ; etc. Un rapport, rendu public en avril 2015, est salué pour sa qualité et sa justesse (sic). Cela nous fait une belle jambe, a-t-on envie d’écrire trivialement, lorsque l’on constate que depuis sa publication, le paysage demeure sinistré.

Il n’y a pas si longtemps pourtant – trente ans environ – le chanteur était roi. Puis vint le règne du chef d’orchestre vite supplanté par le metteur en scène. Phénomène de l’évolution de la représentation d’opéra, condamné par les uns, jugé salutaire par les autres car considéré comme seul moyen de dépoussiérer un genre en passe de muséification… Il ne s’agit pas de rouvrir le débat, juste de poser les faits.

Disparition des troupes qui favorisait une progression stratégique dans la carrière ; baisse des subventions étatiques et donc limitation de l’offre ; subventions dirigées vers les grandes structures au détriment de petites troupes génératrices de projets d’excellence ; multiplication des plans de formation ; amélioration pourtant très nette de l’enseignement : il y a aujourd’hui en France beaucoup de chanteurs qui chantent très bien. Tel est le constat fait par Sophie Hervé, elle-même chanteuse, professeur de chant, metteur en scène et prochainement auteure d’un livre intitulé La voix(e) du périnée, un roman pédagogique et autobiographique qui a pour sous-titre « la voix lyrique professionnelle : un corps-accord avec soi dans un foudroyant appel de l’autre ».

Pour cette artiste de 58 ans, en dehors des « bankable », l’âge est un critère. Priorité est souvent donnée par les metteurs en scène aux jeunes chanteurs, généralement dotés d’un physique mieux en adéquation avec leurs rôles et compte tenu de leur relative inexpérience moins chers à engager. Au fil de la discussion avec Sophie Hervé, surgissent d’ailleurs de nombreuses autres questions, elles-aussi au cœur du débat lyrique aujourd’hui, même si périphériques au sujet qui nous intéresse, tels l’importance de l’apparence ; l’avantage de disposer de caractéristiques physiologiques particulières selon les ouvrages abordés – la stature en étant une ; le rôle de la critique souvent focalisée sur les mêmes noms ; la différence de perception des voix selon la dimension de la salle et de la place occupée ; l’importance des seconds rôles ; la position clé du chœur devenu par la force des choses l’âme du théâtre…

Bref, il y a de plus en plus de chanteurs, de mieux en mieux formés, mais très isolés. « Ni vampire, ni proxénète », l’agent n’est pas forcément le remède à cette solitude. Pire, selon Sophie Hervé : « la meilleure façon de tuer un chanteur, c’est de le faire entrer dans une grande agence où son nom sera noyé au milieu d’une centaine d’autres ! Mieux ne pas avoir d’agent que d’en avoir un inefficace ». Se pose en France également le problème de la langue. Pas de contact avec l’étranger si l’on ne parle pas anglais, ce qui – on le sait – n’est pas notre point fort. Le directeur de théâtre, chef d’orchestre ou metteur en scène dans une grande agence, privilégiera les artistes de son écurie. Cet univers est impitoyable.

Faut-il alors espérer des jours meilleurs qui ne semblent pas près d’advenir ? Faut-il qu’un ministre ait le courage de prendre à bras le corps le sujet des injustices engendrées par le système de l’intermittence ? En attendant, mieux vaut renoncer à faire fortune si l’on est chanteur lyrique en France. Quelques exemples de rémunérations présentées ci-dessous en apportent la preuve. Pour interpréter la partie de soprano dans le Requiem de Verdi à Paris, Sophie Hervé a reçu un cachet de 250€. Comme elle s’étonnait avec ses camarades de la minceur du traitement compte tenu de la difficulté de la partition, il leur a été répondu « Si vous n’êtes pas contents, on appelle des chanteurs russes ». Sympathique façon de considérer le chanteur immigré… Plus surprenant encore les 80 euros que l’on a osé proposer à Jean Louis Serre, il y a quelques années pour un Requiem de Mozart, un 31 décembre à Paris. Cachet que le baryton a bien sûr refusé … « C’est vrai que tout va vers la baisse mais tout de même … » s’attriste-t-il aujourd'hui, « on ne discute pas les contrats, on a peur d’être blacklisté, peur de ne plus être appelé ; les jeunes chanteurs se gardent bien de s’exprimer sur le sujet, les moins jeunes lâchent l’affaire. De toutes les façons on a peu de recours lorsque le téléphone cesse de sonner… »

Lire la suite

Ecrit par Christophe Rizoud pour forumopera.com

Repost 0
Publié par Christophe Rizoud - dans Divers
commenter cet article
31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:10

 

Ce n’est pas le chapitre le plus marrant en terme de spectacle, c’est clair. Mais peut-être vous êtes-vous déjà dit : “Comme c’est pour l’école, je ne dois pas m’en préoccuper”.

(…)

Et c’est pour ça que cet article est utile ! Un petit aperçu ci-dessous vous montrera que si, vous devez (hélas) quoiqu’il en soit, vous en préoccuper.

 

Dans quels cas ?

  • Le spectacle de l’école avec musique, qu’elle soit “live” ou enregistrée
  • La représentation de théâtre, avec ou sans musique
  • Le show de danse
  • Même la kermesse, ou fête scolaire, sans spectacle, si vous diffusez de la musique
  • L’enregistrement d’un cd qui sera distribué aux familles (votre chorale fait des étincelles)

… bref tout le temps … 

1. Est-ce à vous de vous occuper de ça ?

Si vous avez la chance de travailler dans un établissement où le spectacle est une habitude, ce n’est pas vous qui allez devoir gérer la chose. Si vous faites partie d’une académie de musique, d’une école de théâtre ou de danse, votre direction connaît, en général, la procédure à suivre en matière de droits d’auteur.

Si vous lancez votre propre école, par contre, ou si vous initiez une nouvelle dynamique de représentations dans votre établissement, ce sera peut-être à vous de faire les démarches nécessaires pour être certain(e) de respecter la loi.

Mon conseil : faites vous conseiller par un professionnel en la matière. Ce n’est pas pour rien que certains juristes et avocats sont spécialisés dans le domaine des droits d’auteur et droits voisins. Je ne vous dis pas de harceler vos amis juristes avec des questions auxquelles ils répondent à longueur de journée au bureau, mais pourquoi ne pas leur offrir un petit repas en échange ?

Si vous n’avez pas d’ami juriste, il faudra soit appeler un conseiller (qui facturera peut-être ses conseils), soit continuer la lecture de cet article. J’ai fait en sorte de le rendre simple… mais vous allez voir, c’est pas de la tarte !

2. Le principe du droit d’auteur

Soyons simple et concis. Le principe fondamental du droit d’auteur est le suivant : toute utilisation d’une œuvre matérialisée (un objet -livre, cd- ou numériquement -un ebook-) doit être déclarée et payée. Cette règle est simplement ce qui permet à la culture de persister, aux artistes et aux auteurs de vivre. Nous devons la considérer comme importante, vitale, primordiale pour le maintien de notre société culturelle.

Quand on parle d’œuvre matérialisée, cela veut juste dire qu’une idée seule n’est pas protégée, puisqu’elle n’a pas passé le cap de la matérialisation. Attention à ne pas confondre !

Les œuvres dont les auteurs sont décédés depuis plus de 70 ans sont, en général, passées dans le domaine public. Cela veut dire qu’après ce délai, vos droits de l’utiliser sont bien plus nombreux et facilités. Oui mais…  même si Beethoven, par exemple, est mort depuis plus de 70 ans, l’enregistrement de la 5ème symphonie sorti en cd l’an dernier, lui, est toujours soumis à certains droits. Ceci parce que l’éditeur et l’orchestre, pour ne citer qu’eux, sont bien “actuels”. Si vous avez des hésitations, renseignez-vous auprès de l’organisme agréé dans votre pays :

En France : SACEM et SACD (pour le cinéma, le théâtre)
En Belgique : SABAM
Au Luxembourg : SACEM Luxembourg
En Suisse : SUISA
Au Canada : SOCAN et SODRAC
En Algérie : ONDA
Au Maroc : BMDA
En Tunisie : OTDAV

3. Le cas des droits d’auteur dans l’enseignement

Dans la suite de cet article, nous allons aller un tout petit peu plus loin dans l’explication. Cela étant dit, je ne suis pas juriste et je ne connais pas la législation de tous les pays francophones. Le meilleur conseil que je puisse vous donner est de passer un petit coup de fil à l’organisme de votre pays, cité dans la liste ci-dessus. Vous avez un peu de temps et vous souhaitez en savoir plus ? Continuez là-dessous avec moi.

1. En France

Selon le ministère de l’éducation nationale (et de l’enseignement supérieur et de la recherche), il faut se référer à différents organismes en fonction du matériel que l’on souhaite utiliser à l’école

  • Le ministère est compétent dans le cadre de l’utilisation de livre, d’oeuvres musicales éditées, de publications périodiques et des arts visuels. (Protocole du 6 novembre 2014)
  • Pour l’interprétation vivante d’œuvres musicales, l’utilisation d’enregistrements sonores d’œuvres musicales et l’utilisation de vidéo-musiques, ainsi que pour l’utilisation des œuvres cinématographiques et audiovisuelles, il faut se référer à la SACEM (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) ou la société des producteurs de cinéma et de télévision (PROCIREP). Pour le théâtre, il faudra peut-être passer par la SACD.
    • Si les élèves sont dirigés par un enseignant et que le spectacle est gratuit, la déclaration à la SACEM devrait être gratuite. Bonne nouvelle !
    • Si la personne qui dirige les étudiants est un intervenant payé pour l’occasion, la déclaration à la SACEM sera payante. Même combat si l’entrée du spectacle est payante. L’école profitera de plusieurs réductions sur le prix forfaitaire, en fonction du type d’établissement. Ce lien vers le site de l’OCCE vous donnera plus d’infos.
    • Voici où vous devez vous rendre : https://clients.sacem.fr/autorisations
  • Dans le cas de l’utilisation des photocopies, il faut se référer aux contrats associés à votre type d’école. Dans tous les cas, photocopier un livre entier (une pièce de théâtre, par exemple) est interdit. Ce forum résume bien la situation.

Pour aller plus loin, (si vous avez le courage de lire ce looooong texte très dense), voici le lien pointant vers le site du ministère. Vous y trouverez les détails législatifs pour chacune des 3 catégories évoquées ci-dessus.

2. En Belgique

C’est presque la même chose.

  • Pour la musique, la danse et le théâtre.

En Belgique, c’est la Sabam qui gère ces droits. Pour info, son nom vient est un acronyme : Société d’Auteurs Belge – Belgische Auteurs Maatschappij. Eh oui, le pays est (pour simplifier) bilingue 
La société a revu en 2012 les tarifs liés à la diffusion de musique en milieu scolaire. Vous pouvez trouver quelques détails sur ce fichier pdf.
On peut constater que cela concerne bien tous les cas cités en début d’article, qu’il y ait interprétation vivante ou juste diffusion d’enregistrement.
Pour quelque fête que ce soit rassemblant d’autres personnes que strictement des étudiants, vous devez leur envoyer votre formulaire de déclaration.https://www.sabam.be/fr

  • Pour les photocopies

Dans un contexte plus global du droit d’auteur lié à l’enseignement (dans notre cas, on peut parler des copies du texte original, par exemple), le dossier suivant (enseignement.be) vous mettra sur la voie de la compréhension. Il a été créé par Assucopie sccrl, société de gestion des droits de reprographie des auteurs scolaires, scientifiques et universitaires.

En résumé, ce document nous rappelle qu’il faut se poser les bonnes questions avant de faire des photocopies, pour ne pas commettre d’erreur. Des questions telles que : “ L’extrait utilisé répond-il aux exigences de “court fragment ?” “

Il nous informe également des exceptions valables dans le cadre de l’enseignement (articles 21 et suivants de la loi du 30 juin 1994).   

En gros, vous pouvez reproduire du matériel pour illustrer vos cours dans le cas de :

  1. fragment de livre (courts extraits, citations)
  2. articles de journaux ou de revues, totalement
  3. de photos ou autres visuels, totalement

…si (et seulement si) la reproduction ne porte pas préjudice à l’auteur et si vous en indiquez les références complètes.

Inutile de dire qu’il n’est pas permis, dès lors, de photocopier un livre entier de texte théâtral (sans l’autorisation des ayants droit).

Comment les auteurs s’y retrouvent, du coup ? me direz-vous.

Eh bien, une petite partie du prix d’achat des outils permettant la copie (une photocopieuse, par exemple) leur revient, pour “combler le préjudice”. C’est ça, la “reprographie”.

4. Et si vous ne respectez pas ?

La Sacem en France, la Sabam en Belgique, et les autres institutions du même genre, sont rapidement mises au courant des manifestations où la musique et le théâtre trouvent une place. Si vous avez déjà organisé des événements, vous en savez quelque chose !

Si la manifestation est publique (si elle sort du cadre enseignants-étudiants et fait appel aux familles et amis), alors la Société des droits d’auteur doit être mise au courant. Comme je disais, si ce n’est pas vous qui le faites, la publicité pour l’événement jouera ce rôle d’elle-même.

Lire la suite

 

Ecrit par Sébastien de monter-un-spectacle.com

Repost 0
Publié par Sébastien de monter-un-spectacle.com - dans Les utiles
commenter cet article
20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 16:21

Les Journées du Management Culturel (ou JMC) reviennent les 21 et 22 septembre 2017. Pour sa 3ème édition, l’événement s’installe dans l’hôtel de Ville de Montreuil. Masterclass, ateliers et temps de rencontre émailleront les deux jours du programme.

Les Journées du Management Culturel ont pour objectif d’apporter des réponses concrètes aux acteurs de la culture. En s’attaquant aux sujets actuels – entrepreneuriat, nouveaux financements, transition numérique, nouveau rapport au travail… – les organisateurs ambitionnent d’accompagner les mutations du secteur en fournissant des solutions aux professionnels de la culture.

Pour répondre à cet objectif, deux jours de programmes verront se succéder des tables rondes tournées vers la découverte et l’apprentissage de bonnes pratiques professionnelles. « La communication numérique pour les débutants », « utiliser la data pour connaître ses publics et les convertir » ou encore « les nouvelles pratiques de diffusion dans le spectacle vivant » sont ainsi à l’affiche. Un espace démo pour les startups culturelles et des temps de « speed networking » permettront aux participants de rencontrer les autres acteurs de leur secteur.

Imaginées avec le soutien d’un comité pédagogique et en association avec le Master de Management des Organisations Culturelles de Dauphine, ces deux journées accueilleront plusieurs dizaines d’intervenants. Acteurs institutionnels, fondateurs de startups, directeurs d’agence et experts du secteur se relaieront pour partager leur expérience et échanger avec le public.

En bref, les 21 et 22 septembre 2017, les Journées du Management Culturel ont mis en place un programme concret et actionnable. Bien loin des discours académiques et des sujets politiques ou théoriques, elles sont conçues pour que les acteurs culturels puissent s’emparer des problématiques actuelles. Ajoutez à cela des moments de networking et de convivialité et vous avez le parfait événement de la rentrée pour attaquer la nouvelle saison du bon pied.

Le programme                  S'inscrire

Repost 0
Publié par Camille Alcover - dans Les utiles
commenter cet article
13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 16:14
La Cour des Papes, Photo de BORIS HORVAT / AFP

La 71ème édition du Festival d'Avignon ouvre ses portes jeudi 6 juillet et ce jusqu'au 26 juillet. Fondé en 1947 par Jean Vilar, le rendez-vous des amoureux des planches présente chaque année une soixantaine de spectacles donnant lieu à trois-cents représentations auxquelles assistent des dizaines de milliers de spectateurs. Mais depuis 1966, le festival s'enrichit d'une programmation non officielle, le "Off", dans laquelle figurent des artistes désireux de se faire connaître. Ainsi, en 2016, pas moins de 1.416 spectacles ont été joués dans le cadre du "Off", ce qui en fait l'un des plus grands festivals de compagnies indépendantes au monde.

Des artistes traités différemment par le "In" et le "Off"

Avignon est un lieu de visibilité unique pour les artistes, venus des quatre coins de la France, et même de l'étranger. Grâce au "Off", ils ne passent pas par la sélection de la programmation officielle, mais profitent tout de même de sa vitrine médiatique. Ils tentent alors de séduire un maximum de programmateurs pour signer des "dates" dans des théâtres.

Cependant, tandis que l'événement officiel accompagne financièrement la mise en scène des pièces de sa programmation, " le Off ne fait que coordonner les représentations gérées par les artistes eux-mêmes, dans le but de se faire connaître ", précise Pierre Beffeyte, directeur de l'association Avignon Festival & Compagnies qui pilote chaque année l'organisation du Festival Off d'Avignon. Du côté du "In" et d'après Paul Rondin, directeur délégué du Festival d'Avignon, " les spectacles sont achetés par la structure, notamment grâce aux subventions publiques dont nous disposons ". " Parfois, le Festival d'Avignon se propose même de co-produire ou de produire entièrement des créations, et accompagne les artistes et leurs œuvres au-delà d'Avignon ", ajoute-t-il. Ce qui n'est pas le cas des pièces présentées au "Off": chaque compagnie finance de A à Z la mise en scène de sa pièce, la location de la salle, la rémunération des acteurs, les frais d'affichage… La facture est lourde, et souvent peu rentable.

Un investissement conséquent

Peu d'artistes en effet parviennent à atteindre l'équilibre à la fin du festival. Gilbert Ponté est metteur en scène à Paris et dirige la compagnie La Birba. Chaque année, depuis 1988, il vient jouer au Festival Off d'Avignon dans le but de signer des contrats avec des programmateurs-diffuseurs. " Je ne fais pratiquement que des "seul en scène", pour essayer de minimiser les frais ", confie-t-il. D'après son expérience, " une salle d'une cinquantaine de places louée pour la durée du festival coûte environ 6.000€, et les loyers grimpent facilement jusqu'à 15.000€ pour les superficies plus grandes ". " Je limite habituellement mon budget à 20.000€ pour représenter l'une ou plusieurs de mes créations à Avignon ", continue-t-il, " mais chaque année, je ne sais jamais si mon investissement sera rentable. C'est la roulette. ". En effet, les salles sont difficiles à remplir du fait de la concurrence, ce qui n'échappe pas à Gilbert Ponté: " Il y a quelques années, 300 spectacles faisant partie du Off. Désormais, les spectateurs ont le choix parmi plus de 1.400 pièces, et les programmateurs aussi ". Autre inconvénient, si le metteur en scène de La Birba parvient malgré tout à intéresser un programmateur, il ne pourra jouer pour son théâtre que deux ans plus tard, la saison suivante étant déjà fixée. Ainsi, soit il réussit à faire assez d'entrées au moment du festival pour rentabiliser son investissement, " ce qui est pratiquement impossible " indique-t-il, soit il s'endette en espérant que sa participation au "Off" provoquera des retombées économiques positives dans les années à venir.

Le recours aux sponsors privés et la rareté des fonds publics

Lire la suite

 

 

Repost 1
Publié par Louise Sallé pour Challenges.fr - dans Divers
commenter cet article
7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 08:50

Depuis quelques années, les relations entre les associations et les pouvoirs publics ont considérablement évolué donnant lieu à de nouvelles formes de coopération régies par divers textes, (loi ESS, circulaire Valls de septembre 2015, guide d’usage de la subvention de 2016, réforme du droit des marchés publics et des concessions, transposition des règles européennes,…) qui ont modifié notablement les formes des financements publics.

 

Afin d'y voir plus clair dans cet univers nébuleux, un précieux travail a donné naissance à un « Guide des relations entre associations et financeurs publics, une illustration par la culture"  fruit d'un partenariat étroit entre AlcyaConseil, Opale, centre ressource du dispositif local d'accompagnement, l'Ufisc (Union féférale d'intervention des structures Culturelles), le CAC (Collectif des associations citoyennes) et le RTES (Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire)

 

Ce guide, qui sera présenté lors des rencontres publiques dans le cadre du Festival d'Avignon le 14 juillet prochain, est une vraie pépite à garder sous la main ! Retrouvez-le ici dans son intégralité.

Repost 0
Publié par Véronique - dans Les utiles
commenter cet article
26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 14:36

PlumeLe "regard public" est la technique clownesque la plus difficile à maîtriser. Les formateurs exigent "le regard public" sans expliquer en quoi il consiste.
Chacun tente sa technique...

La technique mécaniste : toutes les 1 minute 30, quelque soit l'action, on jette un coup d'œil au public. Ce n'est pas la bonne solution. Cela s'approche plus des rires enregistrés des feuilletons-télé américains.

J'avais un problème. Lorsque je regardais une personne du public, j'examinais si elle me regardait dans les yeux. Ce n'était jamais le cas. J'étais dépitée et découragée. J'avais l'impression d'être invisible.
La raison: je souffre d'un déficit de regard sur moi. C'est le cas de tout le monde.

L'enfant vit dans le moment présent. Certains de ces moments ont une importance particulière, une intensité émotionnelle extraordinaire ou sont des moments de triomphe qui transcendent les limites. L'enfant se sent fier et vivant. Il se tourne vers l'adulte pour partager, le prendre à témoins. Mais l'adulte est distrait. Il ne répond pas aux attentes de l'enfant. Le déficit de regard sur lui se creuse.

Le regard public est facile en solo. Il est très difficile en duo, car le partenaire monopolise notre attention. Faut-il abandonner quelques instants, l'attention envers son partenaire, pour regarder le public?
Ce n'est pas la bonne méthode: elle est artificielle.

Les formateurs disent: «
Donne ton émotion au public par le regard». La clé,c'est cela la clé :

Mais notre culture nous décourage de partager nos émotions avec les autres, nous conditionne à les cacher. Lorsqu'une émotion monte en nous, on est embarrassé, on l'écarte ou on l'étouffe. On continue son activité comme si elle n'existait pas. Sauf si l'émotion est extrême: la stupéfaction, la panique, etc.


Le clown est dans le moment présent. Il est attentif à toutes ses émotions. Il les recueille, les laisse s'épanouir, emplir l'espace, devenir d'une importance extrême.

L'action s'arrête.
Le besoin de témoin de l'enfant fier et vivant, surgit.
L'artiste tel l'enfant fier et vivant, se tourne vers le public.
Un moment de magie.
Un moment d'éternité.
La Présence illumine le clown.
L'émotion est transmise.

Moment intense dont le souvenir perdurera.

C'est cela le "regard public" !

Plume, de Forum Vivre son clown

Repost 0
Publié par Plume - dans Les utiles
commenter cet article
19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 15:19

Politique culturelle régionale ; Crédits photo : Emmanuel GrimaultLe 13 décembre 2016 se sont déroulées les premières rencontres régionales de la culture et du patrimoine, auxquelles plus de 1000 personnes ont participé. Je suis heureuse de vous transmettre la synthèse des échanges qui ont enrichi notre réflexion.

http://www.laregion.fr/Politique-culturelle-regionale-lever-de-rideau-sur-la

Lors de ces rencontres, j'ai affirmé ma volonté de mettre en place tout au long de l'année 2017 les conditions permettant d'élaborer une nouvelle politique culturelle et patrimoniale en concertation avec les acteurs professionnels et ceux du territoire.

Les objectifs principaux de cette politique culturelle et patrimoniale proposés sont les suivants :

- favoriser l'accessibilité de tous à la culture et un aménagement équilibré de la Région,

- fortifier l'économie de la culture et du patrimoine,

- accroître la visibilité et le rayonnement à l'international de la Région Occitanie,

- encourager et accompagner l'innovation et la créativité.

La concertation 2017 a démarré et se poursuivra jusqu'à l'automne 2017.

Vous trouverez ci-contre le calendrier général de cette concertation. Cette dernière est menée avec :

  • les collectivités dans le cadre de la commission culture et patrimoine de la CTAP lancée en mars 2017,
  • les acteurs professionnels dans le cadre de réunions sectorielles (patrimoine, spectacle vivant, arts plastiques, audiovisuel, radios, livre et lecture...),
  • les Directions de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée et de nombreux partenaires dans le cadre des réunions transversales à venir à l'automne.

Certaines de ces réunions, pour des raisons d'efficacité opérationnelle et de places disponibles, seront limitées en nombre de personnes conviées, d'autres seront ouvertes à tous. Merci pour votre compréhension à ce sujet.

Vous pouvez également nous transmettre vos contributions écrite à l'adresse : concertation-culture-patrimoine@cr-mip.fr

Souhaitant vos contributions nombreuses à la construction d'une nouvelle politique culturelle, je vous prie de recevoir mes meilleurs salutations.

Carole DELGA

Présidente de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée.

 

Repost 0
Publié par Carole DELGA, Présidente de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée - dans Politique culturelle
commenter cet article
28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 14:50

Note à propos des droits culturels en général, et plus particulièrement pour le spectacle vivant

1. Que devient le soutien à la création dans une politique publique se référant aux droits culturels ?

 

La politique publique doit garantir les droits culturels de tous. En font partie les droits culturels des artistes, notamment la liberté de la création et de la programmation artistique. Cette liberté est ainsi fondée sur une obligation d’intérêt général. La collectivité publique accorde les moyens nécessaires pour que ces droits puissent s’exercer.

 

Si le référentiel de la politique publique est celui des droits culturels, le soutien à la création artistique n’a pas besoin d’autres justifications que lui-même. Ce n'est pas le fait que la création puisse être utile au développement ou au rayonnement du territoire, au renforcement du lien social, au développement économique, qui peut justifier un tel soutien. Ni l’engagement des artistes à œuvrer à la «démocratisation de la culture».

 

« Avec les droits culturels, on donne une valeur universelle à la liberté de dire le monde autrement, d'exprimer doutes, écarts, opacités et même de concevoir l'inhumanité du genre humain. La présence artistique est la condition du progrès d'une humanité en liberté d'imaginer. » (J.M.Lucas)

 

On peut ici se référer utilement au rapport de madame Shaheed, rapporteuse spéciale pour les droits culturels auprès de l'Onu. Ce qui est intéressant ici, c’est l’argumentation qui légitime le soutien public à la liberté d'expression artistique.

 

2 Quelle place pour les artistes dans une politique des droits culturels ?

 

Reconnaître les droits culturels des personnes, ce n’est pas dire que toute personne est artiste, c’est dire que toute personne a un potentiel de création.

 

Les artistes ont poursuivi/ cultivé ce potentiel plus loin que d’autres, ce qui fait qu’ils ont bien placés pour enrichir la diversité culturelle et repousser toujours plus les limites de l’imaginaire commun.

 

Leur mission d’intérêt général est de favoriser et d’entretenir la liberté d’expression artistique comme une liberté humaine fondamentale. Les dispositifs publics permettent de faire valoir cette exigence universelle par rapport aux autres exigences collectives que la loi établit.

 

Les droits culturels ne sont donc pas un frein à la liberté de l’artiste, ils l’obligent au contraire à aller jusqu’au bout de son projet artistique. C’est uniquement par là, autant dans la diffusion de leurs œuvres que dans le travail d’éducation artistique et d’action culturelle, qu’ils peuvent contribuer à mettre en route et à accompagner d’autres personnes dans leurs parcours d’émancipation. Les artistes ouvrent des chemins, arpentent des territoires que d’autres peuvent décider de parcourir à leur tour, soit dans la pratique artistique, soit dans l’assemblée d’un soir autour d’un spectacle. Leur rôle ne peut se satisfaire de proposer aux autres citoyens un repli ou un consensus sur une identité culturelle présumée, il est d’offrir un spectre infini d’identifications sensibles qui parfois peuvent déranger, troubler ou choquer.

 

3. Quels devoirs accompagnent les droits culturels ?

 

Dans les droits culturels, le rôle des artistes n’est pas toujours paisible. Le partage, l’accompagnement, impliquent souvent la confrontation, le choc des identités culturelles et des assignations prédéterminées. L’artiste ne peut prétendre favoriser cette confrontation que si lui-même tente d’échapper à une assignation qui le mettrait à distance des autres personnes, le marginaliserait dans un espace sanctuarisé ou le reconduiraient comme une avant-garde éclairant le peuple. La reconnaissance de ses droits culturels d’artiste par une politique publique lui fait devoir d’accepter de rentrer dans un espace public de paroles, de s’y exposer et de se confronter à d’autres personnes exprimant leurs droits culturels. Le seul devoir en contrepartie des droits est le devoir de « la palabre » qui oblige tous les porteurs de droits culturels à la discussion, au dissensus en tant qu’expression nécessaire du conflit. C’est la condition par laquelle tous, artistes et non-artistes, peuvent parvenir à « faire humanité ensemble ».

« Si l'on accepte le référentiel des droits culturels, inutile de parler de « liberté d'expression artistique ou de création » si l'on refuse la confrontation collective des identités culturelles et la nécessaire volonté publique de gérer au moins mal ces tensions entre libertés. » (JM. Lucas)

 

4. Les droits culturels sont-ils des droits opposables ?

 

Des personnes ou des communautés qui considéreraient que leur identité culturelle n’est pas respectée par telle ou telle expression ou création artistique peuvent-elles invoquer leur droit culturel comme un droit opposable ?

Si une forme d’expression ou de création artistique, parce qu’elle a l’appui des responsables publics, tend à dominer ou à interdire toute autre forme d’expression ou de création, le droit culturel peut être opposable.

Les droits culturels parce qu’ils se réclament de la liberté, supposent au contraire le devoir de la confrontation et de la palabre afin qu’un discours ou une expression artistique ne puisse prétendre à dominer les autres. Seule cette confrontation peut amener les compromis nécessaires entre libertés d’expression contradictoires. La collectivité publique est responsable de la mise en œuvre de cette confrontation.

 

5. Les droits culturels s’appliquent-ils exclusivement à partir de lieux et de territoires ?

 

Le lieu, que ce soit un théâtre, un espace de fabrique ou un territoire, est toujours, à un moment donné, nécessaire au travail des artistes. Même quand ceux-ci n’ont pas la maîtrise d’un lieu ou ne sont pas engagés dans des actions artistiques sur un territoire, les droits culturels les concernent par la manière dont ces espaces (lieux, territoires) sont définis et construisent leurs rapports avec des habitants, des publics, des populations.

Les artistes sont particulièrement concernés si les lieux se rapportent à des habitants comme à des cibles de consommateurs qu’il faut conquérir pour remplir les salles. Ils sont concernés si les responsables du lieu où ils présentent leur travail considèrent le public comme une simple communauté figée de besoins et d’attentes. Et ils sont concernés par la manière dont le lieu accueille leur travail : favorise-t-il leur propre liberté d’expression artistique ou sont-ils considérés comme de simples prestataires de spectacles produits ou d’interventions d’ateliers destinées à remplir les salles ? L’artiste travaille de manière différente et dans un lieu différent si la programmation et l’activité s’adressent à des personnes (dont les artistes) reconnues comme disposant de droits culturels et libres d’exprimer et de confronter leurs identités et parcours culturels.

 

Cela implique que le lieu ne soit pas seulement voué à l’accueil de spectacles éphémères, mais permette la fabrication effective de libertés artistiques, dans la dimension d’imprévu et de non formaté que cela représente, avec les temps nécessaires de discussion, de préparation, de fabrique, de modification.

 

Cela implique que le lieu s’ouvre largement à la vie sociale de la communauté, et devienne un espace où les personnes peuvent se rencontrer, se réunir, échanger.

 

Cela implique aussi que l’œuvre artistique en travail qui a besoin de temps pour se déployer ne soit pas seulement diffusée mais infusée. L’infusion artistique sur un territoire comprend de nombreuses formes impliquant les artistes : accompagnement des personnes dans leurs parcours culturels d’émancipation, projets de créations artistiques partagées avec des habitants, élaboration de formes artistiques en lien avec des ateliers de pratique ou d’écriture.

Les actions artistiques, au sens d’”infusion” ont souvent pour enjeu un lien de réciprocité entre l’art et les personnes, qui dépasse largement ce qu’on désigne par l’encadrement des pratiques amateurs ou l’élargissement des publics. Il ne s’agit pas d’une réponse à une commande politique et/ou publique visant à instrumentaliser le travail des artistes pour recréer du lien social, mais, dans la perspective de la défense des droits culturels, d’un engagement que les artistes peuvent, ou non, décider de prendre. Cet engagement permet souvent de nourrir le travail des artistes d’une rencontre, voire d’une exposition à d’autres paroles, à d’autres cultures que celles des “grandes œuvres de l’humanité” ou de “l’entre soi” de la création contemporaine. Par l’infusion artistique sur un territoire, la création et l’action culturelle ne sont qu’un. Les artistes assument un rôle primordial de passeur et de médiateur de l’expression citoyenne.

 

6. Les droits culturels privilégient-ils les démarches artistiques participatives ?

 

De nombreux artistes, se réclamant des droits culturels, investissent tous les espaces, urbains, naturels et sociaux, et inscrivent leurs œuvres en prise directe avec les habitants, leur proposant des modes divers de participation : collectage de paroles et de récits, représentations avec des amateurs, etc. A la condition de procédures précises respectant la liberté des personnes, la mise en œuvre de cette « participation permet de favoriser l’ « infusion » artistique, c’est-à-dire la rencontre et la confrontation durables de libertés artistiques.

 

Une action artistique se réclamant des droits culturels doit notamment veiller à ce que les personnes « participantes » ne soient pas assignées à une seule appartenance communautaire (ex. les habitants en QPV tels que définis par la Politique de la Ville), mais reconnues dans leurs identités multiples et dans leur capacité à les changer et à passer de l’une à l’autre, voire à s’approprier la culture de l’autre comme la sienne.

 

« Ce qui m’a intéressé a toujours massivement été des questions de frontières, soit que les des gens en principe voués à la culture populaire veuillent une autre culture, soit qu’une culture dite noble se forme en intégrant des éléments d’une culture dite populaire, de la pantomime, du cirque, de la chanson, de la musique populaire et autres, comme cela a eu lieu au sein du « régime esthétique » des arts à travers une série de formes et de procédures. » (Jacques Rancière)

 

Mais les démarches participatives ne peuvent à elles seules résumer l’application des droits culturels au travail des artistes. Il y va des droits culturels chaque fois que « la médiation n’est plus simplement la tentative d’établir des ponts entre une œuvre et une personne non initiée à l’œuvre, mais plutôt comme la façon de réunir les personnes autour d’une œuvre et de les mettre en interaction avec cette œuvre » (Manifeste des Souffleurs)

 

De ce point de vue, la présentation d’un spectacle à un public gagne à être repensée à travers la notion de medium plutôt que de médiation. L’art comme medium c’est considérer le spectacle moins comme une forme achevée qu’il s’agirait de transmettre à travers l’apprentissage de codes déterminés, mais comme le lieu / l’expérience d’un passage, d’un seuil où peut se transformer notre relation au monde. Le médium, c’est cette mise en relation sensible lors d’un spectacle d’une intentionnalité active et libre d’artistes et d’une intentionnalité réceptive et libre de spectateurs, c’est ce « partage sensible », cet échange continu et vivant qui peut modifier les places, les assignations, les identifications des uns et des autres.

 

7. Quels dispositifs d’évaluation et quels modes de gouvernance dans le cadre d’une politique publique des droits culturels ?

 

Une politique publique des droits culturels devrait favoriser à l’intérieur ou à l’extérieur des lieux culturels l’institution d’espaces publics de paroles où la confrontation des libertés artistiques puisse se réaliser. Dans de tels espaces, tout projet culturel pourrait donner lieu à un processus d’autoévaluation partagée.

 

On peut se référer ici à un Décret-Loi Belge en date du 23 Novembre 2013 relatif aux centres culturels :

« Organiser un processus d'autoévaluation afin de piloter le projet d'action culturelle, de rendre compte des résultats, d'interroger le sens des actions culturelles et d'alimenter l'analyse partagée ». L'évaluation partagée induit un temps public de discussion où les personnes se trouvent en situation de dire leur parcours, échec et réussite. Le principe d'évaluation est donc fondé sur la capacité de la personne à faire valoir aux autres son parcours d'émancipation.

 

Cette participation peut avoir des conséquences sur les modes de gouvernance. L’exemple des centres culturels belges est à cet égard intéressant :

« Article 5 du Décret-Loi précité : les populations participent activement à la définition, la gestion et l'évaluation de l'action culturelle mise en œuvre par le centre culturel, notamment au moyen de mécanismes de concertation visés aux chapitres 4 et 5 et par l'action des organes de gestions et du conseil d'orientation visée au chapitre 10. »

 

On peut s’interroger aussi si certains modèles de gestion associative et/ou coopérative de structures artistiques et culturelles (notamment les SCIC) ne permettraient pas aussi la participation et la représentation des personnes participant à l’activité de la structure.

 

8. En quoi l’approche et le paradigme des droits culturels se différencient-ils de l’approche et du paradigme de la démocratisation culturelle (= faire accéder le plus large public aux grandes œuvres de l’humanité) ?

 

Les droits culturels

- « dynamisent », « réactivent » la production d’art et de culture en les reliant à la production toujours recommencée du bien commun. La culture est moins un ensemble constitué d’œuvres à transmettre qu’un processus continué de construction collective.

- « horizontalisent » et relancent les initiatives culturelles à partir de la société civile, et pas seulement de l’initiative étatique et institutionnelle.

- impliquent une conception de la culture qui valorise les droits des minorités et des personnes et permet de combattre les formes de fascisation et de radicalisation en cours dans la société : exclusion, violence sociale, repli identitaire, perception de la culture comme violence symbolique, rejet et discrimination de l’autre, de l’étranger, sexisme, enfermement dans les frontières. La culture ne vise pas des publics ou des consommateurs dont il faudrait élargir

l’assise, mais elle est l’affaire de personnes égales en dignité.

- s’opposent au néolibéralisme qui se présente comme seule alternative « réaliste » à la barbarie mais qui marchandise les biens culturels, dépossède chaque personne de ses rêves et laisse les plus démunis dans un sentiment fatal d’abandon culturel et politique.

- s’opposent au populisme et au relativisme culturels qui assignent le peuple à des identités figées, impuissantes à entrer en dialogue, à rêver d’autres mondes possibles, et à cultiver l’inépuisable sensibilité humaine. « Chaque personne a son identité culturelle et elle est différente de celle de tous les autres. L'enjeu culturel public est donc crucial pour le progrès du genre humain : il est que toutes ces identités culturelles, dites libres pour le meilleur ou pour le pire, fassent, malgré tout, humanité ensemble. (...) La question se pose à tout instant de savoir si une personne fait ou non culture, c'est à dire contribue à faire un peu plus d'humanité avec les autres ou si elle participe des dérèglements du genre humain. » (JM. Lucas)

 

La lutte pour la reconnaissance des droits culturels ne se définit pas principalement comme une lutte pour défendre l’acquis et rétablir une sorte de « pacte républicain » pour la culture dont l’abandon menacerait principalement les acteurs culturels et artistes, mais comme une lutte dans tous les secteurs de la société pour l’émancipation de tous et pour l’hégémonie de valeurs culturelles (liberté d’expression et de création artistique, reconnaissance de la diversité culturelle) renvoyant aux droits humains fondamentaux.

Ces droits étant universels, ils fondent la possibilité d’une co-construction ou d’une concertation avec les responsables publics qui ne peuvent pas ne pas les partager.

 

Contribution publique sur les droits culturels publiée par le Synavi, dans le prolongement de sa 1ère Université d'Hiver, qui s'est tenue le 10 janvier 2017 à Lyon.

Repost 0
17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 14:40
LANCEMENT DU FONDS ARTSCENE D’AIDE A LA CRÉATION 
DU SPECTACLE VIVANT PLURIDISCIPLINAIRE
  • Réservé aux adhérents du portail artsdelascene.fr
  • Pour une production/création née au cours de la saison 2017/2018 et disponible à la diffusion à partir de la saison 2018/2019.
  • Le soutien financier peut concerner une aide à la production ou à la résidence ou à la promotion.
  • L’aide par projet accordée : 600€ minimum jusqu’à 3000€ (suivant le nombre de projets retenus).
  • Critères d’éligibilité et composition du dossier de candidature : www.artsdelascene.fr/le-fonds-artscene

Plus d'infos : 05 61 46 45 86  / www.artsdelascene.fr/contact

Repost 0
Publié par Artsdelascene - dans Les utiles
commenter cet article