UbikStudio Records


« Le but de notre association est d’être au service des musiciens de tous horizons »
C’est un studio d’enregistrement original, créé par un musicien passionné, qui accueille tout au long de l’année de nombreux artistes des Hautes-Pyrénées et d’ailleurs. Une vraie pépinière de talents. L’UbikStudio Records, à Tarbes, est une belle aventure humaine, associative et artistique. Horizon Pyrénées a rencontré Michel Coutausse, président et régisseur de l’association UBIK Studio Record.

 

Comment a débuté l’histoire de l’UBIK Sudio ?
L’association a vu le jour il y a dix ans, quand je suis rentré d’Afrique et que j’ai commencé à construire des projets avec des potes musiciens. J’ai débuté par des séances avec des copains qui venaient me voir en me disant « mon groupe de blues tourne et a besoin d’une « démo ». J’avais du matériel sous le coude, j’ai commencé à réaliser des enregistrements. Cela m’a donné l’idée de monter un studio dans cette maison qui appartient à ma famille. J’ai cassé quelques murs, procédé à quelques modifications. J’ai aussi, peu à peu, rentré du matériel. Au départ, c’était de l’occasion. Puis, avec la création de l’association UBIK Studio Record, nous avons pu autofinancer du nouveau matériel, au fil des enregistrements et des répétitions. A présent, l’association est autonome sur le plan financier.

Michel Coutausse, président et régisseur de l’UBIK Studio Record
Michel Coutausse, président et régisseur de l’UBIK Studio Record

 

Qui anime l’UBIK Studio aujourd’hui ?
Une équipe de bénévoles, dont je fais partie. C’est grâce à cela que nous avons pu monter le studio. J’espère bien qu’un jour l’association pourra payer mon travail de régisseur, mais cela n’est pas encore le cas. C’est une activité bénévole à laquelle je consacre 12 heures par jour ! J’ouvre le matin à 10h et je ferme le soir à 22h. Cela permet de proposer davantage de séances ou de répétitions. Et ainsi, de satisfaire le plus possible de personnes. L’objectif de l’association est vraiment de se mettre au service des musiciens, de se situer dans une grande proximité vis-à-vis d’eux. Le modèle de l’association nous amène à constituer en quelque sorte une grande famille. Tous les gens qui viennent de l’extérieur et qui découvrent l’endroit le trouvent accueillant.

 

Votre studio est-il accessible à tous types de musiciens et de chanteurs ?
Bien entendu. Le fait d’avoir de la surface, 130 m2 de studio à l’heure actuelle, permet de dispatcher les instruments dans des cabines différentes. Et de pouvoir faire différentes choses en même temps, de varier les styles : recevoir des chorales, des groupes de métal, des musiciens de blues, de la chanson française ou du reggae …

Groupe de musiciens en répétition
Groupe de musiciens en répétition

 

Quel type de prestation proposez-vous aux artistes qui viennent dans votre studio ?
Nous sommes aujourd’hui à l’ère du numérique. A la fin du parcours technique, le studio va livrer ce que l’on appelle un fichier numérique. Après, les groupes peuvent décider d’en faire ce qu’ils veulent. Par exemple, le faire presser pour en faire un CD, ce qui est une très bonne carte de visite. Cela leur permet de faire écouter leur musique, de se faire connaître, puis de jouer dans différents types de festivals. Ils mettent aussi souvent ces fichiers numériques sur le net. Dans le domaine technique, en matière d’enregistrement, je privilégie la partie analogique, ce qui permet au son d’avoir une certaine épaisseur organique. On ne retrouve pas cela quand on enregistre directement dans les ordinateurs. La coloration de nos appareils de prise de son, vintage ou non, est pour beaucoup dans l’épaisseur du son recueilli.

 

Michel Coutausse, qu’est-ce qui vous donne envie de consacrer une partie aussi importante de votre vie, 12 heures par jour, à ce studio ?
La musique ! Et aussi la curiosité, car la technique évolue en permanence. Je dois toujours me tenir au courant, essayer de faire les bons choix techniques. Dès l’instant où un groupe arrive ici, je dois rechercher ce qui va lui convenir comme prise de son et quelle va être la meilleure manière de la réaliser. La formation me passionne aussi. Je forme des ingénieurs du son, y compris des jeunes qui sortent des écoles ! Je leur mets le pied à l’étrier. Et je leur donne le loisir d’être derrière la console, de réaliser l’album ou la maquette d’un groupe et de suivre tout le processus d’enregistrement.

Michel Coutausse avec 2 musiciens
Michel Coutausse avec 2 musiciens

 

De nombreux artistes souffrent aujourd’hui du manque de lieux disponibles pour vivre des résidences de création. Est-ce que l’UBIK Studio développe ces résidences ?
Parmi les artistes qui viennent au studio, certains viennent de Bordeaux, de Montpellier, de Toulouse, parfois même de Londres ou de Trinidad ! A présent, ils peuvent dormir ici. L’idée que nous avions était de pouvoir mettre à disposition de ces artistes un espace de création. Ils sont sur place, ils n’ont pas besoin de louer une chambre d’hôtel à proximité. S’ils en ont besoin, ils peuvent être sur la brèche jusqu’à 2 heures du matin, comme c’est arrivé avec une production récente. Les musiciens peuvent ainsi travailler à leur rythme. Cela leur permet si nécessaire de noter des idées quand elles leur viennent en pleine nuit. Cette disponibilité rend service et fait plaisir à de nombreux musiciens qui ne sont pas très fortunés. La crise sociale n’arrange rien. Nous sommes les premiers à « en prendre plein les dents ». Si les musiciens ne gagnent pas leur vie, les techniciens qui travaillent pour eux ne gagnent pas leur vie non plus.

Le paradis des guitaristes
Le paradis des guitaristes

 

Quelles sont vos ressources pour vivre aujourd’hui ?
J’ai 60 ans et à mon âge, personne ne veut plus m’embaucher ! Du coup, je vis du RSA en attendant la retraite. Avant, j’étais cadre dans une entreprise américaine, directeur France pour une société audiovisuelle. Quand j’ai quitté cette société, j’ai eu du mal à me recaser : je n’avais sans doute pas les bons réseaux et le peu que j’ai réussi à faire n’a pas été probant. Cela ne correspondait pas à ma vision du travail. Du coup, j’ai préféré créer mon propre travail, même s’il ne me rapporte rien. Au moins, ce n’est que du bonheur !

Interview de Jean-François Courtille pour Horizon Pyrénées

 

Contact UBIK Studio Record :
25 avenue de la Marne 65 000 Tarbes
Tel : 05 31 17 64 18
Email : ubikstudio-records@gmx.fr

 

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